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mardi 10 juillet 2012

LAELITH : le Silence des Cuistots

Laelith... ah, Laelith ! Une de nos cités préférées !!! Aussi nous y revenons souvent. Vous avez peut-être lu ces textes ailleurs, peu importe, je continue mon travail d'archivage...

L’établissement du Silence des Cuistots est plus un labyrinthe qu’un restaurant. Les serveurs s’y faufilent avec une discrétion de tueurs hashishins, dédale de paravents de cuir, de cloisons peintes, de corridors reliant diverses pièces d’un même pâté de maison, et de bibliothèques de chêne, aux étagères bien garnies de lourds volumes assoupis. Ici l’on peut souper sans être dérangé, dans uns silence presque absolu, y traiter ses affaires en toute discrétion ou s’endormir sur la banquette. Le personnel ne répond que par hochement de la tête et cultive l’art difficile de la pantomime culinaire. Car, après tout, avouons qu’il faut bien du talent pour mimer les délices de la roulade d’anguille aux trois poivres et aux abricots séchés…

Petite balade, si un jour vos joueurs ont un rendez vous non annoncé dans ce restaurant, et que par conséquent, les serveurs ne peuvent pas les conduire à leur futur interlocuteur.
1)     Un groupe de serveurs avec leurs plateaux découvrent les Pjs en train de roder et les raccompagnent pacifiquement à l’entrée.
2)   Après avoir longtemps déambulé dans les recoins tentaculaires dur restaurant, les PJs finissent par déranger Shzuuus Mooork pendant son repas. Notons que cette créature du cloaque aime déguster de temps en temps un client dans cette ambiance feutrée et qu’elle est assez puissante et intelligente pour faire disparaître ses traces et laisser un pourboire…
3)    Un pauvre client a fait la folie de partir chercher les toilettes tout seul, sans actionner la sonnette qui appelle un des serveurs pour lui servir de guide, voilà une demi-heure qu’il tourne en rond, sans penser à actionner une autre de ces sonnettes.
4)      Tiens revoilà l’entrée.
5)  Voilà que vos joueurs dérangent un rendez-vous galant et adultère qui commençait, disons à s’échauffer. Le jeune homme, scribe de 18 ans, est rouge de honte, mais sa compagne, une noble âgée certainement du double, à la peau sombre et parsemée de fines cicatrices n’est pas de nature aussi conciliante. Vos joueurs feraient une grave erreur d’être autre chose que courtois avec Drusilla des Combes, une ancienne damoiselle corsaire qui a acheté ses quartiers de noblesse après de longues années de piraterie et de cruauté.
6)     Deux serveurs de retour avec une commande. S'ils voient vos joueurs, ce sera pour eux un retour à la case départ. Pas le temps de courir, se cacher s’impose. (privilégiez les descriptions cocasses plutôt que les jets de compétence)
7)   Un nain assoupi devant une montagne de plats vides. Son ventre au travail grommelle comme un dragon au fond de sa grotte. Vos joueurs vont-ils en profiter pour finir son quatrième dessert, lui voler sa bourse, ou passer discrètement ?
8)      Enfin la personne recherchée.

mercredi 27 juin 2012

HAVEN : le Mur du Portefaix

Tss... Ma folle de femme m'a donné quelques précisions quant à Haven : la carte a été construite à partir de celle de Marienburg. D'où de nombreuses références à Warhammer...
Son projet était de coller davantage aux descriptions des livres mais elle n'en a jamais eu le temps. Un jour peut-être ? Mais là, pour parvenir à boucler tous nos projets, il nous faut carrément viser la réincarnation !
Encore un PDF à peine mis en forme : le Mur du Portefaix.

dimanche 24 juin 2012

HAVEN : quartier du Suiddock

Il y a quelques années, ma Moitié nous avait fait joué quelques temps à Haven, la ville dans laquelle se déroulent les aventures de Hawk and Fisher de Simon R. Green.
Nous avions pondu un début de PDF bien flashy  : voici le quartier du Suiddock.
(« En orange, c’est trop la classe ! », dit-elle...Certes mais c'est mal mis en page !)

mercredi 20 juin 2012

EXIL : le Balcon de Théodule


Ce glacier officie en plein air, sur un palier cul de sac,  sa machine et ses congélateurs font vibrer le grand escalier de fonte sous lequel ils s'entassent. Les clients s'assoient sur le balcon, autour de guéridons art déco, ornés de photophores de couleurs toutes différentes.  Une rampe tarabiscotée, en fer forgée, les sépare du vide. Un grand auvent de toile cirée les protège du crachin, tandis que dans le vent se balance une guirlande de lampions en forme de ballons taxis.  Derrière son comptoir, enfoui dans la laine de ses écharpes et de ses gilets, un vieil homme ridé remplit les coupes de glace pilée, avant de les arroser de divers sirops pour leur donner leur parfum : marmelade d'alba, crème de lait gris ou miel de prouettes...

lundi 11 juin 2012

EXIL : la Popotière

Il s'agit d'un restaurant avec une petite renommée, installé sur un éperon au dessus de la baie, avec un chaudron pour enseigne. à tour de rôle, des grand-mères du prolétariat viennent faire leur spécialité. Chaque semaine, une sorte de concours-recrutement a lieu, et une nuée de cuisinières en intérim, montant des bas fonds, envahissent les escaliers, chargées de cabas.

dimanche 3 juin 2012

EXIL : Le Théâtre des Petites Machines Erotiques


De la rencontre amoureuse entre un de nos PJ, ingénieur maudit, au talent certain d'ailleurs, mais à la fort mauvaise réputation, et d'une trafiquante d'amour lors du scénario "Les Trépassantes", la généreuse Mategloire, qui  se défend avec son cul comme dirait Romain Gary, est né LE THEATRE DES PETITES MACHINES EROTIQUES.
Les ligues de vertu s'enflamment, et les curieux se pressent aux portes car cet établissement a réussi  à conjuguer les vices du jeu et du sexe. Imaginez un croisement incertain entre un peepshow et un bandit manchot et vous aurez tout compris du licencieux établissement. Chaque velle glissée dans le monnayeur octroie au voyeur un minute de spectacle certes, mais fait aussi tourner un complexe système d'horlogerie qui  met en branle (c'est le mot) tout l'appareillage et coordonne la rotation des cabines autour des 3 scènes, provoquant dans sa course, plusieurs événements  comme la rencontre de plusieurs scènes où l'ouverture de la cabine vers une des danseuses et la possibilité donc, pour le gagnant, de participer au spectacle... Cet établissement a connu une renommé rapide et peut trouver une fin tumultueuse...

Je me creuse en général la tête pour faire vivre les idées de mes joueurs, et là je crois que ça mérite deux ou trois péripéties : il y a déjà eu la recherche des fonds, du local (un palier à quelques marches de l'allée des Abymes, non loin d'un arrêt de tramway dans le quartier des Passantes) et le début d'un lancement publicitaire, à base de verres, comme les verres de saké dans les restaurants asiatiques un peu louches, l'alcool limpide faisant office de lentille ou de loupe et permettant de voir les daguerréotypes au fond.
Pour l'instant, les "artistes" sont :
MATEGLOIRE : petite et dodue, au sourire désarmant, elle est le "coeur" de l'équipe.
SATINE ET EYMELINE : deux soeurs un peu bécasses, avec le feu au derrière mais un bon fond,
BERTHE : forgienne exotique, assez dure avec tout le monde…

vendredi 25 mai 2012

CADWALLON : les cerisiers de Drakaër


Sur l’Esplanade des Cerisiers, chaque année, lorsque ces arbres, importés de No-Dan-Kar, fleurissent, des ribambelles d’étudiants viennent s’y coucher dessous.
Certains sont persuadés qu’une petite sieste à l’ombre des fleurs rouges leur porterait chance au concours, étant bien entendu qu’il vaudrait mieux pour eux d’aller suivre leurs cours. Mais la plupart y viennent pour célébrer le retour du printemps en bambochant à qui mieux mieux, courant les filles, mettant en perce des tonnelets et se goinfrant de rôtis.
Les nombreux habitants, déplorant l’image que ces scènes de débauche véhiculent, trouvent cependant vengeance lorsque arrive la saison des fruits et que les Miliciens se promènent avec une badine pour fouetter jusqu’au sang les voleurs de cerises.

jeudi 10 mai 2012

CADWALLON - Les Minimes : L’Oenotilustre


Ce bar à vin est un des orgueils du quartier des Minimes. Sous un ciel de cristal et de perles, dans un décor tout de pendeloques de verre, au sein d’aquariums étranges, ondulent  des poissons rouges et des crabes aux tailles hors normes. Dans ce décor aux échos sous marins,  démultiplié par des miroirs judicieusement placés, déambulent des serveurs racés, des sommeliers savants et un Maître Queux marqué de plusieurs cercles de la Grande Académie Culinaire de Cadwallon. Ici, certains connaisseurs viennent se délecter de crus rares que la petitesse relative des verres permet de distiller goutte après goutte. Une seule bouteille de Château Ribot peut ici durer des décennies, accompagnée de délicieuses salaisons, de chutney ou de vol au vent.
Dans le petit milieu de l’œnologie, cet établissement est souvent sujet à des violentes controverses. Pensez donc ! Un cru rare qui ne l’est plus ! Des millésimes qu’on peut servir en abondance ! Et la dernière bouteille de Verdegrain 69 que l’on y savoure depuis des lustres ! Et puis l’étrangeté du lieu : cet établissement bouleverse les échelles et chamboule les idées reçues.

lundi 7 mai 2012

CADWALLON - Les Minimes : Hôtellerie Commode


A l’hôtellerie Commode, on ne réserve pas une chambre, mais un tiroir, un tiroir bien garni d’un grand coussin moelleux, éclairé par un ver luisant en cage, un tiroir où l’on peut s’accouder, comme à un balcon, cigarette au bec, pour contempler les merveilles de l’Impasse et le va et vient des coches à rats, sous les lampions. En quelques tours de manivelle d’un mécanisme nain, tout en dents et en rouages, le compartiment de la belle commode de bois sculptée glisse silencieusement sur ses rails graissés, le tumulte du monde s’éteint, et l’on s’endort enivré d’odeur de cire et bercé par les sourdes pulsations phosphorescentes du ver.

mercredi 2 mai 2012

CADWALLON - Les Minimes : la Porte Vibrescu


La famille Vibrescu est gardienne d’un secret depuis six générations. Quand on découvrit le porche et le sortilège qui permit la naissance du Quartier des Minimes, à la faveur de la rénovation d’un bâtiment, Soline Vibrescu, immigrant achéronnien, qui possédait une maison mitoyenne vit rapidement quels avantages il pouvait en tirer. Avec un visionnaire gobelin nommé Codéine, il aida discrètement à développer le quartier, tout en réservant à sa famille un monopole des plus prometteurs.
Par une porte dissimulée dans sa demeure, Soline  se perça un accès particulier vers l’Impasse des Minimes, un accès par lequel il pouvait importer dans le quartier des objets et des denrées sans que ceux-ci soient miniaturisés. Ils devinrent, lui et son associé Codéine, les artisans de la richesse toute particulière du quartier. Et c’est grâce à lui que des établissements comme l’Oenotilustre ou l’Hôtellerie Commode virent le jour.
Les descendants de Soline sont toujours les gardiens du secret de leur ancêtre. La grande porte par laquelle pouvait passer un homme à genoux n’a pas été ouverte depuis des décennies, mais la petite porte qui débouche dans l’arrière salle de la Grande Épicerie sert de façon quotidienne pour alimenter le quartier en victuailles diverses.

dimanche 29 avril 2012

CADWALLON - Les Minimes : les Allumeurs de Lune et la Patrouille aéroportée


« Les Cynwalls ont leurs dragons, on a les nôtres. » Buzard de Clinche, ancien chevalier Strhröm.

Voltigeant sous le plafond « étoilé », parsemé de champignons luminescents, les chauves-souris de la patrouille sont un moyen très rapide de se rendre d’un point à un autre. Aux Minimes, la milice n’attend pas, et l’on prend la sécurité à cœur.
Pourtant il est une journée par semaine où la population doit veiller sur elle-même, tandis que l’obscurité grignote les rues une à une, une journée où toutes les montures et tous les miliciens sont en expédition. Ce jour-là, mettant à profit leur entraînement digne de cosmonautes, les patrouilleurs montent jusqu’à la lune. Chargés de nourriture et de chandelles de rechange, ils vont ravitailler l’Ermite, au fond de son puits de ténèbres, au cœur de l’astre de papier. Personne n’a jamais vu le visage du sélénite, il veille sur le satellite et sa flamme depuis plusieurs années, cloîtré dans une tenue ignifugée. Il n’a pas rejoint le plancher des vaches depuis 5 ans, quand le lampion avait brûlé et qu’il était descendu du ciel, harnaché d’un gadget gobelin nommé parachute, et tout escorté de cendres et d’escarbilles.

mercredi 25 avril 2012

CADWALLON - Les Minimes : l'Impasse

Ce sujet va être développé au fur et à mesure des prochains posts.


Il est, en plein cœur de Bourghiéron, un fief dans le fief. L’impasse des Minimes, car c’est d’elle qu’il s’agit, ne semble au premier abord qu’une venelle comme une autre. Elle s’ouvre comme une gueule béante, à deux pas de la place des Faux Prophètes, sous un porche sculpté aux canines d’émail. Il y règne sans fin une nuit étoilée, mais les constellations y sont toutes en désordre, côtoyant une lune en lampion dont on aperçoit les armatures de fil de fer à travers une peau de papier huilé, et tandis que le passant s’écarte pour laisser passer un chariot tiré par des rats, il s’aperçoit vite que quelque chose a changé.
Et pour cause, puisqu’en passant le porche, il a été miniaturisé.
Ici, point de dragon dans le ciel. Quelques chauves-souris, certes, dressées elles aussi. Au comptoir des tavernes, l’on peut festoyer à huit sur un grain de raisin, et à l’Oenotilustre c’est le même grand cru d’Allivie que l’on sirote goutte à goutte depuis trente ans.
C’est un lieu hors du temps, comme un village dans la ville. Certains de ses habitants se refusent d’en sortir, tout comme bon nombre de cadwës préfèreraient mourir que d’être « miniaturisés ». Ces braves citoyens ont sans doute peur de rester minuscules à jamais. Pourtant, sitôt passé le porche, la seule communication du quartier avec le reste du monde, tout revient à la normale. Enfin aussi normal que cela peut l’être, dans le fief de Bourghiéron…

mercredi 21 mars 2012

Le Petit Cadwë : FunnyLand - les nuits de l'Antiquaille

Quartier : le Kraken

FunnyLand est un petit quartier du Kraken à la limite de la gare de la Tracteuse.

Tous les mois sur les quais noirs de l’Antiquaille, l’on dresse des mats courts boursouflés de lampions, des carpes de papiers , des dragons et des globes, échappés de Zukhoi, des longs accordéons aux anneaux bicolores et des poulpes ventrus aux huit tentacules de guirlande. Chimères de carton-pâte, toutes enceintes d’un feu moqueur et tressautant qui couve dans leurs flanc, elles éclairent les badauds endimanchés, les marins, pipe au bec, et les gavroches dépenaillés dont la misère crasse a déteint sur les joues. Tout ce monde se presse, se bouscule et se penche au dessus de grandes jarres où dorment des merveilles, enfants cachés du golfe de Syrhinh, des étoiles de mer aux jambes interminables, des lamproies aux long cils, ou ces seiches caméléons, agacées par la foule et qui rivalisent avec les paons et les feux d’artifices, dans une débauche de couleurs courroucées, pathétiques tentatives de faire fuir les curieux sans cesse plus nombreux. Les pêcheurs en manche de chemise et le verbe haut ne sont pas peu fiers de leurs trouvailles, des spécimens étranges pêchés dans leurs filets, du sar réversible, qui ne sait pas tourner en rond dans son bocal et se heurte aux parois, avant de se retourner comme un gant pour faire demi tour, en passant par les poissons-roche, anonymes cailloux qui se révèlent voraces et tout en dents pour peu qu’on leur lâche une proie malchanceuse.

Producteurs et artisans profitant de l’affluence, exposent leurs créations et présentent leurs gourmandises en dégustation, confitures d’anchois, sels d’algues, tielles et arak de poisson, pendeloques de nacre et entrelacement de perles qui iront ruisseler dans les décolletés de ces dames de la ville haute.

ÉVÉNEMENTS

1) un marin a dressé un phoque qui amuse la galerie. Ce dernier poursuit un PJs pour goûter à ce qu'il mange

2) Un illuminé gobelin tombe en adoration devant un poisson au fond d'une jarre. "le poisson-rat!" Il prêche, les gobelins sont crédules et prompts à l'idolâtrie. Procession, débordement fanatique ou intervention de la milice, au Mj de voir

3) Un dresseur orque quelque peu magicien organise un balai de poisson sauteur, bondissants de jarre en jarre. A moins que ce soit des charmeurs d'anguilles...

4) Vomissements en chaînes et maux de ventres. Ordalphabetix le gob aurait il mal lu la date de péremption du chutney de baudroie qu'il a offert ce soir à la dégustation

5) les larves du grand Uluhtc devraient rester dans les grands fonds, avec leur papa...

dimanche 18 mars 2012

Le Petit Cadwë : la Rue des Brasseurs et ses soufflets

Quartier : l'Automate

"Rue des Brasseurs, délires et puanteurs
Alcoolats alchimiques trop longtemps distillés
Dérèglent tes humeurs, avant de t'assommer..."


Ainsi parlait Moitié d'Homme, le poète gouailleur et cul de jatte, fierté littéraire du fief des Remparts, au sujet de cette grande rue de l'Automate, où dans des cuves runiques, ou dans des alambics de verre étrange bien antérieurs au premier Duc, les maîtres brasseurs de Cadwallon raffinent et travaillent des sucs puissants et des nectars secrets qui s'exportent ensuite à travers tout Aarklash. Dans cette artère du Joyau, le port du masque respiratoire était jadis une nécessité, car les vapeurs s'élevant des liqueurs de Désir, distillées à partir des fruits provenant des jardins du même nom, pouvaient vous estourbir un homme en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire. A moins qu'elles ne lui troublent les sens en quelques inhalations et ne l'envoient courir à quatre pattes le long des plages.

Dans les rues voisines on avait appris à se prémunir de ces bouffées de démence, on se calfeutrait chez soi quand le vent vous apportait ces effluves, ou bien l'on relevait sur sa bouche et son nez le foulard parfumé que l'on arborait au col. Malgré ces précautions, les enquêteurs opiniâtres de la Rotonaphte déterrèrent entre les années 951 et 952, un nombre record de crimes passionnels et de faits divers sordides dans les alentours de la rue des Brasseurs. Le Duc fut obligé de faire quelque chose, aussi contacta-t-il les ingénieurs du Trait.

Ce fut un conglomérat nain qui remporta l'appel d'offre. Ils installèrent à l'amont de la rue de gigantesques soufflets de forge, actionnés par des vérins à vapeur, des soufflets monuments, avec heure de visite, de la taille d'une maison de ou trois deux étages. Depuis un vent artificiel balaye constamment l'artère, chassant les vapeurs malivoles vers la mer, soulevant dans sa course les capes et les jupons...

dimanche 4 mars 2012

Les dodelines

Les dodelines sont de longs arbres aux troncs rayés de blanc et de bleu. De leurs branches, emmêlées les unes aux autres, tombent des feuilles linéaires qui s'enroulent en cotillons d'un gris azuré.
Leur écorce est utilisée en tisane réputée combattre toutes sortes d'insomnies. Plus encore, l'ombre du dodeline a la faculté d'endormir ce qu'elle recouvre.
Oh bien sûr, l'assoupissement n'est pas immédiat : il faut plusieurs minutes passées sous les feuilles pour s'endormir au pied d'un dodeline, d'un sommeil profond et paisible. Et plus l'exposition se prolonge, plus il sera difficile de vous réveiller. Dans certaines bourgades, des préposés veillent à retirer les matous qui s'y reposent et un artisan, s'étant risqué à utiliser leur joli bois pour en faire des lits, s'est vu traîné en justice par un mari éploré dont la femme trop paresseuse ne s'est jamais réveillée.
Personne ne songerait à traverser une forêt de dodelines sans se munir d'un masque ou d'un sortilège protecteur. La plupart du temps, on se contente de survoler une étendue en ballon. Mais certains voyageurs ayant survécu à des attaques de brigands, dans un tel environnement, affirment que leurs agresseurs ne portaient aucune protection : il semblerait que des survivants aient fait le lien avec une consommation de sangavide, dont on sait déjà que les mercenaires raffolent en mâcher des racines pour se donner un coup de fouet avant un affrontement. Cet argument est étayé par la violence extrême décrite par les victimes des brigands. Mais quelle partie de la plante utilisent ces bandits et sous quelle forme : la racine ? la tige ? les feuilles tranchantes ? en décoction ? en injection ? en inhalation ? La découverte de leur secret apporterait de profondes modifications aux habitudes des agglomérations au voisinage des forêts de dodelines et mettrait en péril la sûreté des coupe-jarret s'y réfugiant.

lundi 20 février 2012

Le Petit Cadwë : le Faubourg Rubis et la famille Salisium à Bourghieron

Le Faubourg Rubis est un grand ensemble d’appartements, censé être un des joyaux urbains de l’Avenue du Progrès Partagé. Lors de son inauguration, certaines familles aisées s’y pressaient en visite, entre les portiques en fleurs et les colonnades de marbre.

Aujourd’hui les colonnes gisent brisées sur le sol et la chaussée défoncée se soulève sous des jaillissements végétaux, des gerbes de graminées en corolle, des touffes de feuillages grimpants qui escaladent les piliers dans une étreinte en spirale. Les façades, elles aussi, abritent dans leurs fissures de longues fleurs charnues aux pétales de cire. La vie animale aussi a repris ses droits. Des familles de salamandres occupent les bassins et de grands oiseaux de mer nichent au creux des cheminées.

Pourtant dans ces grandes bâtisses obscures et ces cages d’escaliers flottent encore des parfums de cire et des odeurs de beignets. Squatté ou loué pour pas grand-chose, un logement sur trois est encore occupé. Communautés autonomes et vieillissantes, jeunes débutants dans la vie, tout un microcosme se côtoie et s’entremêle, sous des balcons envahis de draperies végétales, bercé par le va et vient d’araignées dentellières.

La famille Salisium est de ces gens. Logés dans le local technique d’où l’on devait entretenir le petit lac artificiel au centre de la propriété, les gobelins font tourner leur petite entreprise de restauration. Même si leur cuisine n’a rien d’exceptionnel, monter sur leur radeau, et dîner au fil de l’eau, donner la béquée aux ragondins, sur un itinéraire balisé de lampions flottants, a de quoi laisser des souvenirs. Bien sûr, il y a les moustiques, l’embarcation qui tangue, et l’on en repart parfois les pieds ou les fesses mouillées, mais quand on a zigzagué entre les joncs et les échassiers, en charmante compagnie, escorté par une nuée de lucioles, tout cela est vite oublié.

dimanche 5 février 2012

La Caducée aux lentilles

Ce petit restaurant ne se distingue ni par son décorum, ni par la qualité de sa cuisine. Mais si vous vous y présentez et que vous n’avez aucun diplôme de médecine, alors sachez que c’est Jeulôme, le patron lui-même qui se fera un plaisir de vous servir. Après un rapide examen médical, il vous prescrira votre menu, car « à la Caducée, on mange selon sa santé ». Si vous n’êtes pas en condition, j’espère que vous aimez les endives braisées…

mercredi 1 février 2012

Le Jardin des Pierres

Tout est parti d’une blague de carabin pour faire tourner en bourrique un ancien gardien du parc tout près de l’Université : les étudiants se sont mis à arroser les pierres du jardin devant les yeux effarés de l’employé et à venir remplacer, de nuit et très discrètement, les fameuses pierres arrosées par des pierres toujours un peu plus grosses. Le pauvre homme, un brin naïf, regardait pousser amoureusement ses pierres, admiratif du petit miracle qui venait égayer son quotidien. Mais voilà deux siècles que la tradition perdure et c’est maintenant devenu un véritable challenge de remplacer les plus grosses pierres : trouver une bonne remplaçante, la transporter jusqu’au jardin, lui faire passer les grilles, la substituer à l’ancienne qu’il faut encore faire disparaître et tout ça, sans se faire prendre par les actuels gardiens… Le parc connaît désormais un succès grandissant, à tel point que les autorités songent à le classer réserve naturelle pour éviter que des propriétaires furieux viennent tenter de récupérer un bout de la corniche de leur maison.

mercredi 26 octobre 2011

Titan et Fils: le reboot - Régle Additionnelle

Une petite règle pour la version plateau. J'ai fini (et édité) le CR n°1...

Règle Optionnelle : GERER l'ENTREDEUX

Parfois le passage d'une tuile où se passe un évènement à une autre tuile semblable laisse un étrange goût de téléportation et faux raccord. Pour pallier à cette impression, les joueurs peuvent broder autour des tuiles qui sont traversées sans encombre, et continuer à se raconter leur voyage mais cela sans jeter de dés. On peut ainsi évoquer vaguement un arrêt de la caravane dans la ville alanguie d'Ulcar, une vieille cité grignotée par les baisers mouillés de la Mer Clapotante, et dont les ruelles, les toits et les terrasses sont envahies par les chats. Ou bien décrire brièvement les mirages que l'on voit à la surface de gigantesques assiettes d'argenterie mis à sécher, à la verticale, dans un désert-égoutoir de Gorgéfax, et comment ces rangées de plat à poisson semblent se renvoyer l'image de la caravane, cent fois démultipliée.

Pour récompenser telles inventions de la part des joueurs, on peut accorder des points de rehaut, autant qu'il semble y avoir d'éléments narratifs, jusqu'à un maximum égal au nombre de joueurs. A eux d'ailleurs de se répartir ces points pour "rafraîchir" un ou deux aspects d'un PJ.

Exemple dans le cas d'Ulcar un joueur décrit la ville, et un autre y ajoute la grande difficulté qu'ont les personnages à y dormir à cause des miaulements. L'événement est cocasse et plein de sel. On peut donner 2 points de rehaut au groupe. Assez pour le premier joueur pour rafraîchir son aspect Incassable quand il décrit que l'air de la mer lui a fait du bien.


En prime une illustration pour un autre territoire volé à Pierre Bordage, l'Humpur...



vendredi 14 octobre 2011

Titan et Fils : le reboot - CR n°1 - En route pour Gorgéfax avec la Praline Vagabonde

12 VENDOME de l’ANNÉE du CANARD-JAGUAR

Nous prenons la route de Gorgéfax, réseau de grottes immenses, cuisines cyclopéennes où les zéphirins, des marmitons invisibles et éthérés, mitonnent des mets divins pour on ne sait qui. Les plats sont de taille variable, mais tous, gigantesques, relèguent l’humain au rang de souris insignifiante…Nous voyagerons à bord de la Praline vagabonde, toute chargés d’une cargaison d’habits de luxe, d’épingles, d’outils et d’illustrés, à échanger au fil de la route. C’est la jeune LiLou Cuisses-Folles, courte vêtue de mousseline transparente, qui sera notre guide à travers les Grandes Cuisines.
Les écureuils viennent d’embarquer, à plus de 200 par silos. Difficile de croire que ce sont leurs petites pattes griffues, tirant avec obstination sur des noisettes factices, qui, par un système de ressorts et de bielles, finissent par entraîner les six pattes d’acier de notre véhicule arachnéen. Le vieux Cagaroulette est juché comme un coucou sortant de son horloge sur le bras télescopique qui soutient le siège de pilotage. Toubib vérifie les bordereaux, avec sa maniaquerie habituelle mais louable, tandis que Bellisama, sa femme, sautille, tout feu tout flamme, d’une distraction à l’autre. Normal pour un élémentaire du feu…
J’ai sur moi trente kilos de lames, et des munitions plein le c… On est prêt.