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mardi 10 juillet 2012

LAELITH : le Silence des Cuistots

Laelith... ah, Laelith ! Une de nos cités préférées !!! Aussi nous y revenons souvent. Vous avez peut-être lu ces textes ailleurs, peu importe, je continue mon travail d'archivage...

L’établissement du Silence des Cuistots est plus un labyrinthe qu’un restaurant. Les serveurs s’y faufilent avec une discrétion de tueurs hashishins, dédale de paravents de cuir, de cloisons peintes, de corridors reliant diverses pièces d’un même pâté de maison, et de bibliothèques de chêne, aux étagères bien garnies de lourds volumes assoupis. Ici l’on peut souper sans être dérangé, dans uns silence presque absolu, y traiter ses affaires en toute discrétion ou s’endormir sur la banquette. Le personnel ne répond que par hochement de la tête et cultive l’art difficile de la pantomime culinaire. Car, après tout, avouons qu’il faut bien du talent pour mimer les délices de la roulade d’anguille aux trois poivres et aux abricots séchés…

Petite balade, si un jour vos joueurs ont un rendez vous non annoncé dans ce restaurant, et que par conséquent, les serveurs ne peuvent pas les conduire à leur futur interlocuteur.
1)     Un groupe de serveurs avec leurs plateaux découvrent les Pjs en train de roder et les raccompagnent pacifiquement à l’entrée.
2)   Après avoir longtemps déambulé dans les recoins tentaculaires dur restaurant, les PJs finissent par déranger Shzuuus Mooork pendant son repas. Notons que cette créature du cloaque aime déguster de temps en temps un client dans cette ambiance feutrée et qu’elle est assez puissante et intelligente pour faire disparaître ses traces et laisser un pourboire…
3)    Un pauvre client a fait la folie de partir chercher les toilettes tout seul, sans actionner la sonnette qui appelle un des serveurs pour lui servir de guide, voilà une demi-heure qu’il tourne en rond, sans penser à actionner une autre de ces sonnettes.
4)      Tiens revoilà l’entrée.
5)  Voilà que vos joueurs dérangent un rendez-vous galant et adultère qui commençait, disons à s’échauffer. Le jeune homme, scribe de 18 ans, est rouge de honte, mais sa compagne, une noble âgée certainement du double, à la peau sombre et parsemée de fines cicatrices n’est pas de nature aussi conciliante. Vos joueurs feraient une grave erreur d’être autre chose que courtois avec Drusilla des Combes, une ancienne damoiselle corsaire qui a acheté ses quartiers de noblesse après de longues années de piraterie et de cruauté.
6)     Deux serveurs de retour avec une commande. S'ils voient vos joueurs, ce sera pour eux un retour à la case départ. Pas le temps de courir, se cacher s’impose. (privilégiez les descriptions cocasses plutôt que les jets de compétence)
7)   Un nain assoupi devant une montagne de plats vides. Son ventre au travail grommelle comme un dragon au fond de sa grotte. Vos joueurs vont-ils en profiter pour finir son quatrième dessert, lui voler sa bourse, ou passer discrètement ?
8)      Enfin la personne recherchée.

mercredi 20 juin 2012

EXIL : le Balcon de Théodule


Ce glacier officie en plein air, sur un palier cul de sac,  sa machine et ses congélateurs font vibrer le grand escalier de fonte sous lequel ils s'entassent. Les clients s'assoient sur le balcon, autour de guéridons art déco, ornés de photophores de couleurs toutes différentes.  Une rampe tarabiscotée, en fer forgée, les sépare du vide. Un grand auvent de toile cirée les protège du crachin, tandis que dans le vent se balance une guirlande de lampions en forme de ballons taxis.  Derrière son comptoir, enfoui dans la laine de ses écharpes et de ses gilets, un vieil homme ridé remplit les coupes de glace pilée, avant de les arroser de divers sirops pour leur donner leur parfum : marmelade d'alba, crème de lait gris ou miel de prouettes...

dimanche 17 juin 2012

EXIL : Robur et Tartignole, restaurateurs insaisissables, et corsaires de la tartine rissolée


Décrire cet équipage improbable est une gageure, tant il y a à dire et à deviner. Si lors de vos errances, vous apercevez un attroupement autour d'un ballon taxi garé de manière illicite, au beau milieu d'une place ou au bord d'une passerelle, et si alors flotte jusqu'à vous une odeur de cuisine, approchez vous et vous découvrirez le cuisinier le plus étrange qu'il m'ait été possible d'apprécier.
Oh, ce n'est pas Robur, ce manchot jovial, qui ne fait rien d'autre de ces 5 doigts que piloter son ballon ou déboucher des bouteilles de Marineux qu'il engloutit en riant. Lui n'est là, semble-t-il, que pour amuser la clientèle et tempérer parfois le bouillonnement créatif de son associé, Tartignole. Pas de carte ou de menu ici, à peine tendez vous quelques pièces, que Tartignole vous attrape le poignet, renifle vos doigts, les narines frémissantes, puis après avoir plongé ses grands yeux noirs dans votre regard, il regagne d'un bond le plan de travail, et commence une danse frénétique au milieu des ingrédients, non sans pousser parfois des piaillements festifs d'excitation. Il hache, étale et fait rissoler, il saupoudre, épice et file sous le comptoir dénicher les saveurs qui d'après lui, se marie le mieux à vos goûts et à votre humeur du moment. Je l'ai même vu déchirer d'un coup d'incisive l'abdomen d'un glork, afin de recouvrir de miellat une garniture de purée d'alba aux épices des anciens et de grandes tranches de fromage gris.
Enfin il sautille en couinant, jusqu'à ce que Robur enfourne la tranche de pain dans le fourneau du moteur à vapeur, et qu'il vous la ressorte fumante, et délicieusement rissolée.
Hum, aurais-je omis de mentionner que Tartignole est un fureuil ?
Robur n'est pas peu fier de son compagnon kargalien, aussi n'hésite-t-il pas à clamer: « Satisfait ou remboursé !! » Et, croyez moi si vous le voulez, on se fait très rarement rembourser.
Cet animal cuisinier n'est pas au goût de SANITATION, mais Robur est rusé, et à peine sent-il l'ombre de la queue du quart d'un problème, qu'il décolle et disparaît au milieu des poutrelles et des tuyères.

lundi 11 juin 2012

EXIL : la Popotière

Il s'agit d'un restaurant avec une petite renommée, installé sur un éperon au dessus de la baie, avec un chaudron pour enseigne. à tour de rôle, des grand-mères du prolétariat viennent faire leur spécialité. Chaque semaine, une sorte de concours-recrutement a lieu, et une nuée de cuisinières en intérim, montant des bas fonds, envahissent les escaliers, chargées de cabas.

jeudi 10 mai 2012

CADWALLON - Les Minimes : L’Oenotilustre


Ce bar à vin est un des orgueils du quartier des Minimes. Sous un ciel de cristal et de perles, dans un décor tout de pendeloques de verre, au sein d’aquariums étranges, ondulent  des poissons rouges et des crabes aux tailles hors normes. Dans ce décor aux échos sous marins,  démultiplié par des miroirs judicieusement placés, déambulent des serveurs racés, des sommeliers savants et un Maître Queux marqué de plusieurs cercles de la Grande Académie Culinaire de Cadwallon. Ici, certains connaisseurs viennent se délecter de crus rares que la petitesse relative des verres permet de distiller goutte après goutte. Une seule bouteille de Château Ribot peut ici durer des décennies, accompagnée de délicieuses salaisons, de chutney ou de vol au vent.
Dans le petit milieu de l’œnologie, cet établissement est souvent sujet à des violentes controverses. Pensez donc ! Un cru rare qui ne l’est plus ! Des millésimes qu’on peut servir en abondance ! Et la dernière bouteille de Verdegrain 69 que l’on y savoure depuis des lustres ! Et puis l’étrangeté du lieu : cet établissement bouleverse les échelles et chamboule les idées reçues.

lundi 7 mai 2012

CADWALLON - Les Minimes : Hôtellerie Commode


A l’hôtellerie Commode, on ne réserve pas une chambre, mais un tiroir, un tiroir bien garni d’un grand coussin moelleux, éclairé par un ver luisant en cage, un tiroir où l’on peut s’accouder, comme à un balcon, cigarette au bec, pour contempler les merveilles de l’Impasse et le va et vient des coches à rats, sous les lampions. En quelques tours de manivelle d’un mécanisme nain, tout en dents et en rouages, le compartiment de la belle commode de bois sculptée glisse silencieusement sur ses rails graissés, le tumulte du monde s’éteint, et l’on s’endort enivré d’odeur de cire et bercé par les sourdes pulsations phosphorescentes du ver.

lundi 20 février 2012

Le Petit Cadwë : le Faubourg Rubis et la famille Salisium à Bourghieron

Le Faubourg Rubis est un grand ensemble d’appartements, censé être un des joyaux urbains de l’Avenue du Progrès Partagé. Lors de son inauguration, certaines familles aisées s’y pressaient en visite, entre les portiques en fleurs et les colonnades de marbre.

Aujourd’hui les colonnes gisent brisées sur le sol et la chaussée défoncée se soulève sous des jaillissements végétaux, des gerbes de graminées en corolle, des touffes de feuillages grimpants qui escaladent les piliers dans une étreinte en spirale. Les façades, elles aussi, abritent dans leurs fissures de longues fleurs charnues aux pétales de cire. La vie animale aussi a repris ses droits. Des familles de salamandres occupent les bassins et de grands oiseaux de mer nichent au creux des cheminées.

Pourtant dans ces grandes bâtisses obscures et ces cages d’escaliers flottent encore des parfums de cire et des odeurs de beignets. Squatté ou loué pour pas grand-chose, un logement sur trois est encore occupé. Communautés autonomes et vieillissantes, jeunes débutants dans la vie, tout un microcosme se côtoie et s’entremêle, sous des balcons envahis de draperies végétales, bercé par le va et vient d’araignées dentellières.

La famille Salisium est de ces gens. Logés dans le local technique d’où l’on devait entretenir le petit lac artificiel au centre de la propriété, les gobelins font tourner leur petite entreprise de restauration. Même si leur cuisine n’a rien d’exceptionnel, monter sur leur radeau, et dîner au fil de l’eau, donner la béquée aux ragondins, sur un itinéraire balisé de lampions flottants, a de quoi laisser des souvenirs. Bien sûr, il y a les moustiques, l’embarcation qui tangue, et l’on en repart parfois les pieds ou les fesses mouillées, mais quand on a zigzagué entre les joncs et les échassiers, en charmante compagnie, escorté par une nuée de lucioles, tout cela est vite oublié.

dimanche 5 février 2012

La Caducée aux lentilles

Ce petit restaurant ne se distingue ni par son décorum, ni par la qualité de sa cuisine. Mais si vous vous y présentez et que vous n’avez aucun diplôme de médecine, alors sachez que c’est Jeulôme, le patron lui-même qui se fera un plaisir de vous servir. Après un rapide examen médical, il vous prescrira votre menu, car « à la Caducée, on mange selon sa santé ». Si vous n’êtes pas en condition, j’espère que vous aimez les endives braisées…

dimanche 6 septembre 2009

Bear Harbour : Rotten Smiley

Sur la façade de bois, à la peinture verte écaillée, on pouvait lire un avertissement explicite:"Rotten Smiley, le snack le plus crade de tout Bear Harbour". Ce n'est pas l'épaisse couche de poussière sur les grandes vitres ambrées qui aurait pu démentir cette affirmation, ni les mines des clients, qui sortaient, échevelés et hilares, des taches et des pois plein les revers de leur chemise, ou se curant les dents du bout d'un ongle pensif. En scrutant à travers la buée et la crasse, on pouvait apercevoir, alignés comme de vaillants soldats, les plats proposés par ce bouge. Des montagnes de petits pois d'un vert éclatant, finissaient de dégorger leur colorant chimique sur un plateau de fer, perles sinoplines en cascade, ruisselant sur des minis tourtes à la viande, des pâtés en croûte, des beignets de foie de volaille au madère, ou des croustades de pieds de porcs, petites pâtisseries salées et grasses, à la pâte luisante et gorgées de suc. Les affamés à l'intérieur creusaient à pleine main les flancs de ses monticules émeraude, et se gavaient de viandes et de feuilletés, s'envoyant d'une table à l'autre, de pleines poignées de pois. Les gens du service, soucieux d’arborer un look négligé et grotesque, tout en respectant les règles de l'hygiène, se retrouvaient souvent les premières victimes de ses bombardements potagers. Dommages collatéraux tombés au champ d'honneur de la restauration burlesque, ils prenaient avec une philosophie toute "relative", les brassées de pois reçues en plein visage, ou bien les dérapages pas toujours contrôlés que provoquait toute cette manne légumineuse jonchant le sol. A part la grande Rachel et le rat bis qui s'agrippait à son épaule, le personnel ne s'accrochait très longtemps à ce travail. Sidney le patron prenait tout cela avec philosophie, essayant de trouver encore et toujours un nouveau truc louche pour décorer son rade. Des toiles d'araignées en draperies côtoyant les drapeaux irlandais, aux bestioles en caoutchouc qu'il enfouissait parfois au beau milieu des plats et que certains clients collectionnaient, en passant par le ballet de rongeurs et de cancrelats automatisés qui dansaient au plafond, l'on pouvait se demander ce qui avait donné à ce rouquin l'envie de faire de son snack un endroit pareil, dédié aux cafards en plastique et plongé toujours dans une semi obscurité parfois malodorante."Une enfance dans le placard sous l'escalier, lâchait-il laconique, avant que ses yeux ne se perdent le long des rubans adhésifs antimouche peuplés de bestioles en tissus qui dégoulinaient du plafond...

Bear Harbour : la Pension Longuet

(Inspirée du dessin animé "les Triplettes de Belleville")

Cette pension de famille relativement miséreuse est tenue par la veuve Longuet, femme au grand coeur qu'un long veuvage à fini par faire ressembler à son défunt époux. Une moustache grise et rebelle ourle sa lèvre supérieure, tandis que d'énormes bésicles à double foyer finissent d'en faire une créature improbable aux globes oculaires impressionnants. Cette vieille dame industrieuse trottine du matin au soir dans la cuisine-salle à manger-hall d'accueil qui occupe le rez-de-chaussée, préparant du pain perdu au lait gris, ou tricotant des châles et des mitaines d'un mauve douteux, qu'elle vous offrira par la suite.

La bâtisse étroite et toute en hauteur gîte à bâbord, comme un navire abandonné en cale sèche, son quatrième étage appuyé contre un des piliers du téléphérique. Les ingénieurs civils n'ont pas eu le coeur de déloger la vieille dame et ils décidèrent d'attendre son décès pour raser le bâtiment. Mais le temps à beau s'acharner, Mme Longuet reste alerte, même si elle n'escalade plus les escaliers de métal qui mènent jusqu'aux chambres. Chaque étage est trop petit pour loger plus d'une alcôve, que clos une tenture. Un grand lit en occupe souvent toute la largeur, et des valises bon marchés, glissées sous le sommier, servent de range tout.
Malgré le bruit, l'exiguïté et les soubresauts de la bâtisse à chaque passage d'une rame, l'ambiance y est joyeuse et familiale, autour de la "grande" table du "salon". On y dévore les journaux de la veille, apportés par un généreux voisin. On s'y dispute en longues parties Tric Trac, on y refait le monde entre petites gens et pour peu que la bière des cluricaunes leur donne de l’élan, on écoute Mme Longuet et ses deux jumelles, juchés sur une table, interpréter leurs plus anciens succès, du temps où elles étaient starlettes, des stars de cabaret. Puis, entre le passage du 19h30 et celui du 20h10, tout le monde regagne sa couche et tache de s'endormir, la tête sous le traversin.