jeudi 10 mai 2012
CADWALLON - Les Minimes : L’Oenotilustre
dimanche 29 avril 2012
CADWALLON - Les Minimes : les Allumeurs de Lune et la Patrouille aéroportée
dimanche 18 mars 2012
Le Petit Cadwë : la Rue des Brasseurs et ses soufflets
Alcoolats alchimiques trop longtemps distillés
Dérèglent tes humeurs, avant de t'assommer..."
Ainsi parlait Moitié d'Homme, le poète gouailleur et cul de jatte, fierté littéraire du fief des Remparts, au sujet de cette grande rue de l'Automate, où dans des cuves runiques, ou dans des alambics de verre étrange bien antérieurs au premier Duc, les maîtres brasseurs de Cadwallon raffinent et travaillent des sucs puissants et des nectars secrets qui s'exportent ensuite à travers tout Aarklash. Dans cette artère du Joyau, le port du masque respiratoire était jadis une nécessité, car les vapeurs s'élevant des liqueurs de Désir, distillées à partir des fruits provenant des jardins du même nom, pouvaient vous estourbir un homme en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire. A moins qu'elles ne lui troublent les sens en quelques inhalations et ne l'envoient courir à quatre pattes le long des plages.
Dans les rues voisines on avait appris à se prémunir de ces bouffées de démence, on se calfeutrait chez soi quand le vent vous apportait ces effluves, ou bien l'on relevait sur sa bouche et son nez le foulard parfumé que l'on arborait au col. Malgré ces précautions, les enquêteurs opiniâtres de la Rotonaphte déterrèrent entre les années 951 et 952, un nombre record de crimes passionnels et de faits divers sordides dans les alentours de la rue des Brasseurs. Le Duc fut obligé de faire quelque chose, aussi contacta-t-il les ingénieurs du Trait.
lundi 13 février 2012
Le Petit Cadwë : l'Haruspice
Ce soir, dans les bars musicaux du jardin comédien, nous écoutons l'Haruspice,
un barde décrié venu des terres nécromanes d'Achéron.
Des ses doigts où perce l'os, il va piocher dans un grand chaudron de bronze, pour en faire resurgir les spectres de grands musiciens décédés, qu'il lance vers le plafond dans un rire éraillé.
Les fantômes en sarabande tournoient autour des lustres, et s'en vont organiser des bœufs musicaux tout à fait inattendus.
Esprits frappeurs trop longtemps demeurés sans scène et sans public, leur créativité se déchaîne, et tout devient instrument : les verres à demi vidés qui traînent sur le bar, la vaisselle alignée, les cuivres des casseroles des cuisines. La cheminée se transforme en grand orgue et les cheveux des dames en harpe cristalline.
samedi 11 février 2012
Bear Harbour : idéee d'idées (en vrac et à travailler)
LA RUE DU BOUT
« A Funny Heights tout se termine toujours Rue du Bout »
C’était un de ses longs crépuscules roses qui annoncent le début de l’automne. Nous avions installé deux ou trois tables au fil de cette étrange avenue qui se jette dans le vide sans autre forme de procès, la rue du Bout, sur les sommets de Funny Heights.
Les chasseurs de feux follets
La flottille
Le Porky Lamb
Le marché aux fleurs où les fées nées dans les tulipes se prostituent le soir…
vendredi 10 février 2012
Bear Harbour : les Modrons et le gel de vin
Dans les étages les plus hauts de mon grand bar, vers les sommets enneigés de poussière de mes étagères à bouteilles, je garde une longue caisse d’acier. Dans son sein piqueté de rouille, sommeille une gelée ambrée, le gel de vin des Modrons, une pâte translucide dont j’aime découper de fines lamelles que je dilue dans l’eau, au fond d’une carafe. On en tire un alcool clairet, mais puissant, délicieusement rare, un des derniers vestiges d’une vague d’immigrants maintenant disparus. On se souvient de peu de choses sur ces exilés mécaniques, ces automates déracinés aux longs membres déliés, qui étaient arrivés par la mer, un soir d’été, à bord d’un bateau à roues qui ne pouvait plus que s’échouer. Juste cette obsession de tout ranger dans des boites, ce désir de tout mettre au carré, véritable passion géométrique pour ce peuple de drones tout en angles droits eux aussi. D’ailleurs il suffit que je reverse mon verre dans un contenant carré ou rectangulaire pour qu’il se gélifie à nouveau, défiant les lois de la physique… Où sont-ils donc allés se perdre, le temps et les usines les ont avalés en silence et ils ne sont plus que légendes urbaines, comme cette sale rumeur qui prétend que cette gelée éthylique qui est leur seul vestige serait tout sauf du vin…