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mercredi 20 juin 2012

EXIL : le Balcon de Théodule


Ce glacier officie en plein air, sur un palier cul de sac,  sa machine et ses congélateurs font vibrer le grand escalier de fonte sous lequel ils s'entassent. Les clients s'assoient sur le balcon, autour de guéridons art déco, ornés de photophores de couleurs toutes différentes.  Une rampe tarabiscotée, en fer forgée, les sépare du vide. Un grand auvent de toile cirée les protège du crachin, tandis que dans le vent se balance une guirlande de lampions en forme de ballons taxis.  Derrière son comptoir, enfoui dans la laine de ses écharpes et de ses gilets, un vieil homme ridé remplit les coupes de glace pilée, avant de les arroser de divers sirops pour leur donner leur parfum : marmelade d'alba, crème de lait gris ou miel de prouettes...

dimanche 17 juin 2012

EXIL : Robur et Tartignole, restaurateurs insaisissables, et corsaires de la tartine rissolée


Décrire cet équipage improbable est une gageure, tant il y a à dire et à deviner. Si lors de vos errances, vous apercevez un attroupement autour d'un ballon taxi garé de manière illicite, au beau milieu d'une place ou au bord d'une passerelle, et si alors flotte jusqu'à vous une odeur de cuisine, approchez vous et vous découvrirez le cuisinier le plus étrange qu'il m'ait été possible d'apprécier.
Oh, ce n'est pas Robur, ce manchot jovial, qui ne fait rien d'autre de ces 5 doigts que piloter son ballon ou déboucher des bouteilles de Marineux qu'il engloutit en riant. Lui n'est là, semble-t-il, que pour amuser la clientèle et tempérer parfois le bouillonnement créatif de son associé, Tartignole. Pas de carte ou de menu ici, à peine tendez vous quelques pièces, que Tartignole vous attrape le poignet, renifle vos doigts, les narines frémissantes, puis après avoir plongé ses grands yeux noirs dans votre regard, il regagne d'un bond le plan de travail, et commence une danse frénétique au milieu des ingrédients, non sans pousser parfois des piaillements festifs d'excitation. Il hache, étale et fait rissoler, il saupoudre, épice et file sous le comptoir dénicher les saveurs qui d'après lui, se marie le mieux à vos goûts et à votre humeur du moment. Je l'ai même vu déchirer d'un coup d'incisive l'abdomen d'un glork, afin de recouvrir de miellat une garniture de purée d'alba aux épices des anciens et de grandes tranches de fromage gris.
Enfin il sautille en couinant, jusqu'à ce que Robur enfourne la tranche de pain dans le fourneau du moteur à vapeur, et qu'il vous la ressorte fumante, et délicieusement rissolée.
Hum, aurais-je omis de mentionner que Tartignole est un fureuil ?
Robur n'est pas peu fier de son compagnon kargalien, aussi n'hésite-t-il pas à clamer: « Satisfait ou remboursé !! » Et, croyez moi si vous le voulez, on se fait très rarement rembourser.
Cet animal cuisinier n'est pas au goût de SANITATION, mais Robur est rusé, et à peine sent-il l'ombre de la queue du quart d'un problème, qu'il décolle et disparaît au milieu des poutrelles et des tuyères.

mercredi 13 juin 2012

EXIL : le Cirque Ascensionnel Kavol


Le Cirque Ascensionnel est un colossal assemblage de plateformes, reliées à des grappes de ballons. Il navigue autour d'Exil toute l'année, sauf quand le temps est trop venté...
S'arrimant ça et là, le cirque offre un spectacle assez exceptionnel, avec sa ménagerie, ses automates et ses danseuses du ventre.
L'aboyeur vante les mérites du voltigeur mécanique, du prince derviche de Forge, du magicien Rotomagor, des deux écuyers, père et fille, dansant un menuet endiablé sur le dos de leurs montures au galop, des équilibristes sur leur fil, du clown paillasse très flexible, d’une fillette virtuose de 40 mois qui joue de l'accordéon, d’un numéro de pyrotechnie où un nohodahak reste impassible au milieu d'illuminations superbes tandis que son cornac, un garçonnet asiatique en costume exotique, le gave de friandises, lové dans le creux d'un de ses tentacules…

lundi 11 juin 2012

EXIL : la Popotière

Il s'agit d'un restaurant avec une petite renommée, installé sur un éperon au dessus de la baie, avec un chaudron pour enseigne. à tour de rôle, des grand-mères du prolétariat viennent faire leur spécialité. Chaque semaine, une sorte de concours-recrutement a lieu, et une nuée de cuisinières en intérim, montant des bas fonds, envahissent les escaliers, chargées de cabas.

dimanche 3 juin 2012

EXIL : Le Théâtre des Petites Machines Erotiques


De la rencontre amoureuse entre un de nos PJ, ingénieur maudit, au talent certain d'ailleurs, mais à la fort mauvaise réputation, et d'une trafiquante d'amour lors du scénario "Les Trépassantes", la généreuse Mategloire, qui  se défend avec son cul comme dirait Romain Gary, est né LE THEATRE DES PETITES MACHINES EROTIQUES.
Les ligues de vertu s'enflamment, et les curieux se pressent aux portes car cet établissement a réussi  à conjuguer les vices du jeu et du sexe. Imaginez un croisement incertain entre un peepshow et un bandit manchot et vous aurez tout compris du licencieux établissement. Chaque velle glissée dans le monnayeur octroie au voyeur un minute de spectacle certes, mais fait aussi tourner un complexe système d'horlogerie qui  met en branle (c'est le mot) tout l'appareillage et coordonne la rotation des cabines autour des 3 scènes, provoquant dans sa course, plusieurs événements  comme la rencontre de plusieurs scènes où l'ouverture de la cabine vers une des danseuses et la possibilité donc, pour le gagnant, de participer au spectacle... Cet établissement a connu une renommé rapide et peut trouver une fin tumultueuse...

Je me creuse en général la tête pour faire vivre les idées de mes joueurs, et là je crois que ça mérite deux ou trois péripéties : il y a déjà eu la recherche des fonds, du local (un palier à quelques marches de l'allée des Abymes, non loin d'un arrêt de tramway dans le quartier des Passantes) et le début d'un lancement publicitaire, à base de verres, comme les verres de saké dans les restaurants asiatiques un peu louches, l'alcool limpide faisant office de lentille ou de loupe et permettant de voir les daguerréotypes au fond.
Pour l'instant, les "artistes" sont :
MATEGLOIRE : petite et dodue, au sourire désarmant, elle est le "coeur" de l'équipe.
SATINE ET EYMELINE : deux soeurs un peu bécasses, avec le feu au derrière mais un bon fond,
BERTHE : forgienne exotique, assez dure avec tout le monde…

mardi 29 mai 2012

EXIL : le Canard Mécanique

Le propriétaire de ce journal, Germain PIRE est un acrobate de l'éditorial, arrivant à flatter CENSURE et à dénoncer certains abus et scandales, tout ça dans la même strophe. Il a plusieurs fois frôlé l'interdiction et l'emprisonnement mais il refait surface à chaque fois. Jusqu'à quand me direz vous?
Depuis le siège du journal, M. Pire entretient une horde de pigistes, tandis qu'un rail sur la façade voit défiler des lettres de métal qui donnent les gros titres. Cet épicurien rougeaud, à l'appétit d'ogre a su aussi s'assurer une base populaire en engageant des feuilletonistes novateurs, qui ont su trouver leur public.

Citons la série débutante mais déjà appréciée d' "Angélique, marquise des anges"  où une jeune orpheline est adoptée par une nuée d'anges des poutrelles, et vit une enfance sauvage et acrobate, au milieu des tuyères et des broussailles du jardin des Passantes, avant d'être rendue à la civilisation et de découvrir l'amour dans les bras d'un jeune patriarche nommé, vous vous en doutez, Jean de Peyrac... (« Moi Angélique ! toi Jean... ») Mais les ennuis sont à venir pour ce beau couple... A travers ce mélange de Tarzan et Angélique, les auteurs tentent aussi de créer un mouvement de sympathie pour les créatures volantes et de mettre un frein à la chasse...